A Ouaké, Copargo et Natitingou, les femmes agricultrices se mobilisent pour une gestion agroécologique des ravageurs

Du 25 au 27 août 2026, l’Unité de Génétique Biotechnologie et Science des Semences (GBioS), en collaboration avec l’Association Nationale des Femmes agricultrices du Bénin (ANaF-BENIN), a organisé une série d’ateliers de renforcement des capacités des productrices sur les pratiques de gestion agroécologique des ravageurs (cas de l’extrait aqueux de Hyptis suaveolens comme biopesticide) dans les communes de Ouaké, Copargo et Natitingou.

Promouvoir une agriculture plus durable
La transition agroécologique constitue une réponse importante aux défis liés à la durabilité des systèmes agricoles, à la sécurité alimentaire et à la résilience face aux changements climatiques.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit le projet « Femmes agricultrices et développement de l’agroécologie au Bénin (FADAB) », mis en œuvre dans les communes de Natitingou, Copargo et Ouaké.

L’un des enjeux majeurs auxquels sont confrontées les productrices reste la gestion des ravageurs et des maladies des cultures. Face aux pertes agricoles, le recours aux pesticides chimiques de synthèse demeure fréquent. Or, leur utilisation inappropriée peut entraîner des conséquences négatives sur la santé humaine, la biodiversité, les sols, les eaux et la qualité sanitaire des récoltes.
Les ateliers ont donc visé à faire connaître aux productrices des alternatives agroécologiques accessibles et durables.

Organisées les 25, 26 et 27 août 2026, les sessions ont concerné les productrices agricoles membres de groupements ou de coopératives actifs dans les communes de Ouaké, Copargo et Natitingou, avec une attention particulière accordée à la participation des jeunes productrices.
Au total, 120 productrices, soit 40 par commune, étaient ciblées par cette activité.
L’objectif principal était de renforcer leurs capacités techniques en matière de gestion agroécologique des ravageurs afin de contribuer à la réduction de l’usage des pesticides chimiques de synthèse.

De la théorie à la pratique
La formation a privilégié une approche participative fondée sur les échanges d’expériences, les discussions et surtout les démonstrations pratiques.
Les participantes ont notamment échangé sur les principaux ravageurs rencontrés dans leurs communes et sur les pratiques actuellement utilisées pour les combattre.
Les sessions ont également permis de renforcer leurs connaissances sur plusieurs méthodes agroécologiques, notamment :

  • la lutte biologique ;
  • l’utilisation des biopesticides ;
  • les autres alternatives aux pesticides chimiques.

Focus sur Hyptis suaveolens, une ressource locale valorisée
L’un des temps forts des ateliers a été consacré à l’étude de cas pratique portant sur l’extrait aqueux de Hyptis suaveolens, utilisé comme biopesticide.
Cette plante, abondante dans la zone soudano-guinéenne, est étudiée pour ses propriétés répulsives et pesticides contre plusieurs ravageurs. Des travaux indiquent notamment l’efficacité de son extrait aqueux dans le contrôle des pucerons sur le piment et des thrips sur le niébé.
Les productrices ont ainsi été accompagnées dans une démarche pratique : présentation de la plante, préparation de l’extrait aqueux en groupes, puis essai d’application sur une parcelle test.
Cette approche permet aux participantes de ne pas seulement recevoir des informations, mais de manipuler, expérimenter et mieux comprendre les pratiques présentées.
Renforcer les capacités et favoriser le partage des acquis
Au-delà de la formation elle-même, l’activité vise à encourager l’adoption et la diffusion des pratiques agroécologiques au sein des groupements de productrices.
Les acquis des sessions ont vocation à être partagés par les participantes avec leurs pairs au sein de leurs organisations, afin de favoriser une diffusion plus large des connaissances et pratiques acquises.
Pour l’ANaF-BENIN, le renforcement des capacités des femmes agricultrices constitue un levier essentiel pour accompagner leur participation à une agriculture plus durable et résiliente.

ANaF-BENIN
Femme rurale, femme de développement.